Un marché si petit que la moyenne ne veut rien dire
Linda Charlier — conseillère immobilière sur le secteurChavenay, ce sont 8 à 16 ventes de maison par an. En 2023 comme en 2024, il s’en est signé huit. Une année entière ici, c’est ce que Plaisir absorbe en trois semaines. Cette rareté a une conséquence directe : le prix médian de la commune a fait 5 538 €/m² en 2022, 4 487 en 2024, 4 475 en 2025. Le marché n’a pas chuté de 19 % — ce sont les biens vendus qui n’étaient pas les mêmes. Sur un échantillon aussi mince, deux belles propriétés suffisent à faire bouger la médiane d’une année sur l’autre.
Le vrai chiffre à retenir n’est pas la médiane, c’est la dispersion : sur cinq ans, la moitié des ventes se situent entre 4 121 et 5 848 €/m². Un écart de 37 %. Autrement dit, deux maisons de 120 m² à Chavenay peuvent légitimement se vendre 495 000 € ou 700 000 €, et les deux prix sont dans le marché.
Ce qui fait l’écart, c’est d’abord le terrain. Les ventes avec moins de 400 m² de parcelle se signent autour de 389 000 €, celles avec 800 m² ou plus autour de 747 000 €. Presque le double. À Chavenay, on n’achète pas des mètres carrés habitables, on achète une parcelle avec une maison dessus — et c’est précisément ce que le prix au m² ne mesure pas.
Dernier piège : les maisons de moins de 90 m² s’échangent à 5 558 €/m², celles de 90 à 130 m² à 4 351 €/m². Le petit se paie plus cher au mètre. Un propriétaire de 140 m² qui reprend le prix au m² d’une petite maison vendue dans sa rue se retrouve 25 % au-dessus du marché, et n’aura pas de visite.